Obligations légales d’un stagiaire : tout ce qu’il faut savoir !

Un stage en entreprise ne peut débuter sans la signature d’une convention tripartite, obligatoire quel que soit le niveau d’études. La gratification devient exigible dès la 309e heure de présence effective, même pour une structure associative. Un stagiaire ne peut être affecté à des tâches dangereuses ni remplacer un salarié absent.

Les obligations documentaires incluent le registre unique du personnel et la remise d’une attestation de stage en fin de période. L’employeur s’expose à des sanctions administratives en cas de non-respect, tandis que la protection sociale du stagiaire varie selon la durée et la gratification versée.

Impossible de contourner la convention de stage tripartite : chaque immersion en entreprise repose sur cet accord signé entre le stagiaire, l’établissement d’enseignement et l’entreprise d’accueil. Ce document trace les contours du projet pédagogique, précise la durée, les dates clés et détaille les missions. En l’absence de ce contrat, la présence dans l’organisme est purement irrégulière selon le code de l’éducation.

Le droit français opère une séparation nette entre le stage et l’emploi classique : jamais un stagiaire ne doit occuper un poste permanent, ni être considéré comme salarié. La durée du stage ne dépasse pas six mois par année universitaire. Ce plafond s’applique à tous, que l’on soit dans le secteur privé ou public, histoire de garantir que le stage reste une expérience formatrice et ne glisse pas vers un emploi déguisé.

Accompagnement sur-mesure : chaque entreprise désigne un tuteur chargé de guider le stagiaire. Les missions confiées s’intègrent forcément dans le cursus et le projet pédagogique de l’établissement. Les modalités d’évaluation, elles aussi, figurent dans la convention, pour garantir un suivi réel avec l’école ou l’université.

Voici les points clés à retenir sur le cadre légal :

  • Convention tripartite : la base de tout stage en entreprise.
  • Stage distinct de l’emploi : pas de contrat de travail, missions à visée pédagogique uniquement.
  • Durée limitée : six mois au maximum par année universitaire ou scolaire.

Quels sont les droits et devoirs du stagiaire au quotidien ?

Une fois intégré à l’équipe, le stagiaire doit composer avec un statut particulier. Il suit les horaires fixés par la convention : chaque absence nécessite une justification, et les autorisations d’absence sont à valider en amont avec l’entreprise et l’école. La ponctualité compte, tout comme le respect du règlement interne, la discrétion, la confidentialité des dossiers et surtout les règles de sécurité.

Côté protection sociale, le stagiaire reste affilié au régime étudiant. Un accident sur le lieu du stage ? La couverture s’applique, à condition d’avoir bien respecté les démarches. L’accès au comité social et économique (CSE) est ouvert pour poser des questions sur les conditions de travail ou la vie collective. Impossible également de tolérer la moindre discrimination : la loi protège la dignité et l’égalité de traitement en toutes circonstances.

Les principales responsabilités et droits du stagiaire s’articulent ainsi :

  • Respect des horaires : présence assidue, ponctualité, absences motivées.
  • Accès au CSE : droit d’information et de parole sur le quotidien professionnel.
  • Protection sociale : prise en charge en cas d’incident pendant le stage.
  • Confidentialité et respect des règles internes : l’information partagée reste dans l’entreprise.

Le rôle du tuteur ne se limite pas à un accompagnement administratif : il veille à ce que le stagiaire progresse sans être cantonné à un poste permanent. Si une situation floue ou un conflit émerge, l’appui d’un professionnel du droit du travail peut aider à clarifier les droits et obligations liés au stage.

Rémunération, temps de travail, congés : zoom sur les règles spécifiques aux stages

La question de la gratification revient toujours quand on parle de stage. Dès que la présence dépasse deux mois consécutifs (soit 308 heures), l’entreprise verse au stagiaire une gratification minimale, fixée à 4,35 € de l’heure. Ce montant n’a rien à voir avec le smic ni les conventions collectives du salariat. La somme est versée chaque mois, sans fiche de paie, mais une attestation peut être obtenue sur simple demande.

Le temps de travail du stagiaire ne peut dépasser la durée légale appliquée dans la structure, généralement 35 heures par semaine. Si la convention prévoit un autre rythme, il ne peut être modifié qu’avec un avenant. Pas d’heures supplémentaires comme pour les salariés : le stagiaire profite toutefois des règles classiques sur le repos journalier et hebdomadaire.

Pour les congés, la loi ne prévoit pas de repos rémunéré automatique. En revanche, des autorisations d’absence peuvent être négociées avec l’entreprise pour des impératifs personnels ou universitaires. Les congés maternité, paternité ou adoption sont maintenus selon des modalités précises, sans suspendre la convention de stage. Et si le stagiaire décroche un CDI dans la foulée, il n’a pas à repasser par la case période d’essai si les missions sont identiques à celles du stage.

Jeune femme signant une convention de stage avec un superviseur

Les obligations incontournables des entreprises accueillant des stagiaires

Accueillir un stagiaire engage l’entreprise sur bien plus qu’un simple accueil : elle doit respecter le cadre strict posé par le code de l’éducation. Avant toute arrivée, la convention tripartite doit être signée. Ce document scelle les engagements de chacun : entreprise, établissement d’enseignement, stagiaire. Missions, durée, volume pédagogique, gratification : tout est écrit noir sur blanc.

Le nombre de stagiaires présents simultanément dans l’entreprise ne doit pas dépasser 15 % de l’effectif total, sous peine d’amende administrative pouvant grimper jusqu’à 2 000 € par infraction. Les stages ne s’enchaînent pas sur un même poste sans un délai de carence équivalent au tiers de la durée du stage précédent. Cette règle protège à la fois les jeunes et les salariés de tout détournement.

L’entreprise nomme un tuteur pour épauler le stagiaire, organiser ses missions et garantir leur cohérence avec le parcours suivi. Accès aux activités sociales et culturelles du CSE : le stagiaire profite des mêmes avantages collectifs que les salariés pour ces aspects-là.

En fin de parcours, l’entreprise remet systématiquement une attestation de stage détaillant l’ensemble des missions réalisées, la durée et les dates précises. Ce document deviendra un sésame pour étoffer le CV et valoriser l’expérience lors d’une prochaine embauche.

Le stage, bien encadré, offre ainsi une rampe de lancement précieuse. Pour l’entreprise comme pour le jeune, tout l’enjeu reste de jouer franc jeu : transmettre, former, s’ouvrir à l’avenir, sans jamais brouiller la frontière entre apprentissage et emploi.

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